6 langues, 6 leçons : ce qu’apprendre des langues m’a appris

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6 langues 6 leçons

J’aime apprendre des langues, parler avec des natifs, comprendre leur culture, écouter leur histoire, leurs histoires. Chaque langue est un cadeau et est riche en apprentissages. Chaque langue m’a permis de mieux comprendre, de mieux me comprendre. J’ai appris 6 langues et chaque langue m’a appris quelque chose. Voici les 6 leçons principales que j’ai retenues.

Français : maîtriser une langue ne veut pas dire ne pas faire d’erreurs

Maîtriser une langue ne veut pas dire ne pas faire d’erreurs

Comment j’ai appris le français ?

Le français est ma langue maternelle. Mes parents sont français, j’habite en France. J’ai entendu du français depuis que je suis née. C’est la langue que je parle le mieux, celle dans laquelle je m’exprime tous les jours. Je l’ai apprise le plus naturellement du monde en immersion depuis la naissance. J’ai appris à l’écrire à l’école en France. Je lis tous les jours en français, j’entends tous les jours du français.

Qu’est-ce que le français m’a appris ?

Le français a beau être la langue que je maîtrise le mieux, celle avec laquelle je suis la plus à l’aise, ça ne m’empêche pas de… faire des erreurs ! À l’écrit ou à l’oral. Et pourtant, j’entends du français depuis ma naissance, je le pratique tous les jours, plusieurs heures par jour. Je suis allée à l’école en France où on m’a appris les bonnes règles de grammaire et d’orthographe. Mais voilà, je fais toujours des fautes et… ça ne m’empêche pas d’être comprise ! Tu peux avoir peur de t’exprimer dans une langue étrangère, car tu as peur de faire des erreurs. Mais des erreurs, on en fait déjà tous les jours dans notre propre langue. Comment espérer alors ne pas en faire dans une langue qu’on maîtrise moins ou même pour laquelle on est débutant. Quand on a appris notre propre langue, on a trébuché, on a fait des fautes et on en fait encore ! Alors, lâchons un peu la pression par rapport aux autres langues qu’on apprend (et même notre langue maternelle). Les erreurs font partie de l’apprentissage et c’est même grâce à elle qu’on s’améliore. Et ça ne nous empêche pas d’être compris !

Anglais : tout le monde n’a pas la même méthode d’apprentissage

tout le monde n’a pas la même méthode d’apprentissage

Comment j’ai appris l’anglais ?

J’ai découvert l’anglais quand j’avais 10/11 ans à l’école. Ce n’était pas la première langue étrangère que j’ai découverte, car avant, j’avais fait un peu d’allemand, mais j’en ai très peu de souvenirs. J’ai beaucoup aimé l’anglais. Au départ, je voulais en faire mon métier. Je voulais devenir prof de langues et d’anglais en particulier. Pourtant, j’avais un niveau moyen, ni bon, ni mauvais. Mais j’adorais ! J’ai finalement fait des études scientifiques. Mais j’ai continué l’anglais jusqu’en Master 2. Puis je suis partie plusieurs semaines dans des pays anglophones. Mais mon niveau était toujours très moyen. J’ai ressenti une grande frustration. 12 ans d’anglais à l’école, plusieurs semaines en immersion et toujours un niveau moyen. À ce moment-là, j’ai découvert les polyglottes et notamment Benny Lewis (et sa méthode « Speak from day one ») et MosaLingua (et le SRS). J’ai donc discuté avec des natifs et étendu mon vocabulaire grâce à MosaLingua. J’ai regardé des séries en anglais, lu des livres en anglais, etc. Et mon anglais a fait un bond.

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Qu’est-ce que l’anglais m’a appris ?

À ce moment-là, mon conjoint voulait aussi apprendre l’anglais. Mais nous ne partions pas avec les mêmes objectifs, le même niveau de départ, la même façon d’apprendre, les mêmes envies. Mais tellement enthousiasmée par ce que je lisais, je lui ai dit de parler avec des natifs (son anglais était à un niveau A1), d’apprendre du vocabulaire avec MosaLingua, regarder des séries, etc. Bref, je lui ai dit d’utiliser la même méthode que moi. Résultat : il s’est découragé, n’a pas progressé et a conforté l’idée qu’il était nul en anglais ! Tout l’inverse de l’objectif attendu. Il y a de nombreuses méthodes pour apprendre une langue. Si une méthode fonctionne pour quelqu’un, ça ne veut pas dire que cette méthode fonctionnera pour nous. Ni même que si on n’y arrive pas avec cette méthode, on est nul et on n’y arrivera jamais. Chacun doit avoir sa propre méthode, en fonction de ses objectifs, son niveau de départ, son mode de vie, ses habitudes, ses goûts, etc. Et apprendre une nouvelle langue ne veut pas non plus dire qu’on appliquera la même méthode à chaque fois ! Il faut savoir s’adapter.

Espagnol : avoir de bonnes notes à l’école ne veut pas dire parler une langue

avoir de bonnes notes à l’école ne veut pas dire parler une langue

Comment j’ai appris l’espagnol ?

La langue que j’ai apprise après l’anglais a été l’espagnol deux ans plus tard. C’est une langue que j’aime beaucoup et pour laquelle je n’ai jamais eu de difficulté particulière. J’ai malheureusement dû arrêter l’espagnol après le bac, mais je l’ai toujours gardé dans un coin de ma tête en me disant « un jour, j’irai en Espagne… ». Et en L3, j’ai pu faire mon stage en Espagne à côté de Barcelone pendant 4 mois ! Cette immersion dans le pays m’a permis de beaucoup progresser et d’améliorer mon espagnol. Là-bas, j’ai découvert une série (Aquí no hay quien viva) que j’ai adorée. En revenant, j’ai donc regardé tous les épisodes en VO ce qui m’a permis de renforcer mes acquis et de ne pas perdre mon niveau. Maintenant, si j’ai besoin de l’espagnol, je me crée une bulle d’immersion à la maison (à l’aide de séries ou de musique). Et je cible le vocabulaire dont j’ai besoin dans une situation particulière (par exemple au travail).

Qu’est-ce que l’espagnol m’a appris ?

J’ai très vite compris comment fonctionnait l’espagnol… à l’école. J’avais de bonnes notes. J’ai même eu un 16/20 au bac. Je ne fais pas partie des polyglottes qui se disent nuls à l’école. Mais en partant vivre plusieurs mois dans le pays, je me suis rendu compte qu’avoir de bonnes notes ne veut pas dire savoir parler une langue. Lorsque je suis arrivée à Manresa, la ville où j’allais passer 4 mois, j’ai voulu commander un sandwich et le faire chauffer. Je me suis rendu compte que je n’avais aucune idée de comment faire ! J’ai juste pu bredouiller un « Eso calor » (« Ça chaleur »). Pas terrible et pourtant, j’avais de bonnes notes, j’étais capable de discuter immigration, parler des problèmes de trafics de drogues en Amérique latine, etc. Mais je ne connaissais pas le vocabulaire utile à la vie de tous les jours ou au voyage. Je ne savais pas faire des phrases à l’oral ou communiquer avec des natifs. Des compétences plutôt utiles lorsqu’on part à l’étranger. J’ai depuis appris à cibler mon apprentissage pour qu’il puisse me permettre d’atteindre mon objectif. Si on veut maîtriser une compétence, il faut la pratiquer. Tu dois donc choisir la méthode la plus adaptée à ton objectif et le vocabulaire associé.

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Italien : partir à l’étranger ne veut pas dire revenir bilingue

partir à l’étranger ne veut pas dire revenir bilingue

Comment j’ai appris l’italien ?

Après l’anglais et l’espagnol, j’ai appris l’italien au lycée. J’aimais (et j’aime toujours) tellement les langues qu’il me semblait logique de choisir une troisième langue. J’en ai donc fait pendant trois ans. J’avais également tellement aimé mon stage en Espagne en L3, que j’ai décidé l’année d’après en M1 de remettre ça en Italie. Je suis donc partie 3 mois à Milan. Partir là-bas m’a permis de progresser, mais pas autant qu’en Espagne. Et c’est plus tard que j’ai compris pourquoi !

Qu’est-ce que l’italien m’a appris ?

L’italien m’a appris que partir à l’étranger n’est pas la condition pour apprendre une langue. Si l’année d’avant, j’avais beaucoup progressé en espagnol, j’ai naturellement pensé que ce serait la même chose en Italie. Quand je suis partie en Espagne, j’ai bien sûr rencontré des Français, mais aussi beaucoup d’Espagnols. À l’université, je parlais espagnol, je travaillais avec des Espagnols. Et en dehors, j’en fréquentais beaucoup avec qui je parlais en espagnol. Quand je suis allée en Italie, je suis partie avec deux Françaises. Et même si je travaillais dans un laboratoire différent en Italie entourée uniquement d’Italiens, dès que je sortais du labo, nous ne retrouvions et nous parlions entre nous en français. Je n’ai pas rencontré beaucoup de natifs en dehors du labo et de ma colocataire de chambre roumaine avec qui je parlais en Italien. Je restais avec mes amies françaises à parler français. Partir à l’étranger ne suffit pas pour apprendre une langue. Il faut s’immerger le plus possible, rencontrer des natifs, sortir, profiter de toutes les ressources qui nous entourent en VO (télé, radio, magazines, etc.). Mais ça, je l’ai compris en revenant !

Allemand : abandonner n’est pas échouer

abandonner n’est pas échouer

Comment j’ai appris l’allemand ?

À la fin de mes études, j’ai trouvé du travail en Alsace. À la frontière avec l’Allemagne, mon amour des langues m’a rattrapée et j’ai décidé d’apprendre l’allemand ! J’ai suivi des cours du soir à l’université du Rhin. Tous les lundis, après le travail, j’allais suivre des cours pour apprendre l’allemand. Mais, je n’ai pas vraiment progressé. C’est à ce moment-là qu’a commencé ma frustration avec l’apprentissage des langues (tu sais celle dont je te parlais plus haut…). J’ai commencé à découvrir les polyglottes et leur méthode pour apprendre les langues et j’ai décidé de me focaliser d’abord sur l’anglais avant d’enchaîner avec l’allemand. J’ai suivi des cours pour apprendre à apprendre avec le meilleur prof qui soit (Luca Lampariello) ! Et mon allemand a beaucoup progressé grâce à sa méthode.

Qu’est-ce que l’allemand m’a appris ?

J’ai dû quitter l’Alsace pour partir vers de nouvelles aventures professionnelles. Mais j’ai continué à vouloir apprendre l’allemand. Je travaille maintenant avec des collègues néerlandais. J’entends donc régulièrement du néerlandais, mais jamais d’allemand. Apprendre l’allemand dans ce contexte n’avait plus beaucoup de sens et la méthode de Luca Lampariello, bien que terriblement efficace, était incompatible avec ma vie personnelle et professionnelle. Mais je ne voulais pas arrêter mon apprentissage de l’allemand. Pourquoi ? Parce que je m’étais fixée un objectif et que pour moi, arrêter d’apprendre l’allemand était un abandon et donc un échec. Je n’avais pas atteint mon objectif, mais j’étais de plus en plus attirée par l’apprentissage du néerlandais. Et de moins en moins motivée avec l’allemand. J’ai donc eu du mal à réorienter mes objectifs, car je n’aime pas échouer. J’ai fini par arrêter l’allemand pour apprendre le néerlandais. Mais ce n’est pas un « adieu » avec l’allemand, juste un « à bientôt ». Et redéfinir ses objectifs et son apprentissage pour qu’il colle avec sa vie et ses nouveaux objectifs n’est pas un échec mais plutôt une preuve qu’on sait s’adapter.

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Néerlandais : prendre son temps c’est quand même avancer

prendre son temps c’est quand même avancer

Comment j’ai appris le néerlandais ?

Je suis toujours en train d’apprendre le néerlandais. J’en profite pour mettre au point ma méthode pour apprendre une langue en partant de zéro en me basant sur la méthode de Luca Lampariello, mais en la simplifiant pour qu’elle s’adapte à ma vie et à mes objectifs. J’avance doucement, mais à mon rythme ! Pour mon apprentissage, j’utilise Assimil. Je l’utilise avec la méthode de traduction bidirectionnelle, qui me correspond bien pour cette langue et pour cet objectif. J’ai aussi eu des conversations avec un natif sur Italki. J’essaie aussi de lire ce que je peux en néerlandais et de voir ce que je comprends. Idem avec la compréhension orale. J’écoute aussi de la musique en néerlandais dès que je peux. J’ai tenté les podcasts pour débutant, mais les sujets ne me motivaient pas beaucoup. On verra si je reprends dès que j’aurais amélioré mon niveau avec des sujets qui m’intéressent.

Qu’est-ce que le néerlandais m’a appris ?

Au moment où j’ai décidé de me concentrer sur le néerlandais, j’avais aussi un travail à temps plein, une famille avec qui j’aime passer du temps, des amis avec qui j’aime bien discuter, des activités extraprofessionnelles comme le sport, et un blog. Et c’est toujours le cas. J’ai donc peu de temps à consacrer à mon apprentissage. Et d’habitude, j’aime que ça aille vite. J’aime apprendre vite, travailler beaucoup, beaucoup, mais sur une période courte. J’aime avoir des résultats rapides. Mais moins on a de temps à consacrer à son projet quel qu’il soit, moins on avance vite. Donc le néerlandais m’a appris à ralentir. Et même si j’avance doucement, j’avance. Le principal c’est d’avancer et de savoir s’adapter. Si j’ai besoin d’avancer plus vite, je sais qu’il faut que je travaille plus, plus efficacement et plus intensément. Mais pour le moment, je n’en ai ni le besoin, ni l’envie. Et ça me convient très bien ! J’ai quand même hâte d’atteindre l’équivalent d’un niveau B1/B2 en néerlandais pour vraiment commencer à pouvoir utiliser n’importe quelle ressource, pouvoir parler ou écrire à mes collègues plus que de simples phrases et pouvoir vraiment me faire plaisir avec cette langue. Mais en attendant, je prends mon temps et je prends plaisir à chaque étape.

Chaque langue que j’ai apprise, même ma langue maternelle, a été riche en leçons. J’ai dû apprendre à faire des erreurs, à lâcher prise, à relativiser l’abandon, à remettre en cause mes croyances. Mais j’aime toujours apprendre des langues et je suis prête pour de nouveaux défis et de nouvelles leçons !
N’oublie pas qu’apprendre une langue, ce n’est pas seulement atteindre son objectif, c’est aussi tout le parcours qui est riche en leçons et en apprentissages (et pas seulement linguistique !). Et toi, qu’est-ce que les langues t’ont appris ?

À propos de l'auteur

Pauline

  • Ton parcours linguistique est intéressant ! Avant de partir en vacances en Italie, je me suis mise sur Duolingo pour apprendre les bases. J’étais tellement contente de savoir demander un café, etc que lorsque j’étais sur place, les locaux n’avaient pas le temps d’attendre que je ponde ma phrase… du coup, c’est l’anglais qui a primé 🙁
    Bref à tout cela je voulais ajouté que tu as parfaitement raison : une méthode d’apprentissage ne fonctionne pas forcément pour tout le monde.

  • Bonjour,

    Je ne peux qu’être d’accord avec la phrase : « c’est aussi tout le parcours qui est riche en leçons et en apprentissages ». Bien souvent on se focalise sur l’objectif final sans jamais prendre le temps de regarder tout le chemin parcouru.

    Quand on me demande un conseil pour savoir comment atteindre un objectif, je dis souvent ceci : Définis bien ton objectif avec le maximum de clarté (méthode SMART) puis définis les étapes pour y parvenir et enfin ne pense plus à ton objectif final, mais concentre-toi sur une action à la fois.

    Mettre l’accent sur ce qu’il y a à faire pour apprécier le chemin et ne pas perdre de temps. Si tu ne fais que regarder ton objectif, tu n’avanceras pas.

  • Merci, c’est très intéressant. Ne me sentant pas très doué j’ai tendance à changer sans arrêt de méthode ce qui ne me fait pas avancer. Merci de ce partage d’expérience et cette réflexion.

  • Et bien chapeau !!! J’ai appris l’anglais et l’espagnol en voyageant grâce à des immersions totales dans des pays où ils parlaient ces langues. Ce n’est effectivement pas toujours facile d’apprendre chez soi devant un livre ou un ordinateur sans réellement pratiquer. Je vais aller jeter un oeil aux méthodes dont tu parles.

  • Excellente stratégie pour l’anglais 💯 J’enseigne la préparation au TOEIC, et c’est vraiment la même méthodologie que je préconise. Bravo pour votre article très complet 🙂

  • Merci pour cet article inspirant ! Je suis moi aussi une passionnée des langues, et j’ai appris l’anglais, l’allemand, l’espagnol et le russe à l’école. J’ai même eu l’occasion d’étudier le grec ancien jusqu’en Terminale. C’est tellement vrai que chaque langue nous enseigne bien plus que des mots et des règles de grammaire !
    Je suis curieuse de savoir, comment tu as choisi les langues que tu voulais apprendre, est-ce que tu as un objectif particulier pour chacune d’entre elles, ou est-ce simplement par passion ?

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