Tu as du mal à retenir du vocabulaire ? Et si la solution était… de ne pas forcer la mémorisation ? C’est en tous cas l’idée derrière la Goldlist method ! Apprendre du vocabulaire sans chercher à l’apprendre mais en laissant faire sa mémoire à long terme. Ça peut paraître étrange alors regardons d’un peu plus la Goldlist Method.
Qu’est-ce que la Goldlist Method ?
La Goldlist est une méthode mise en place par David James, un polyglotte britannique. L’objectif est de mémoriser du vocabulaire sans répétition active et de faire confiance à sa mémoire à long terme naturelle. Ce n’est pas une méthode magique, mais une technique structurée qui nécessite une petite organisation mais qui est très simple à mettre en œuvre.
Comment fonctionne la Goldlist Method ?
Etape 1 : se préparer
La première chose à faire avec la Goldlist Method est d’acheter un cahier et des stylos. Un stylo peut suffire mais plusieurs couleurs, c’est mieux. Hé oui, pas d’application, ni besoin d’un ordinateur, juste d’un beau et grand cahier. L’esthétique n’est pas le plus important mais plus ton cahier te plait et plus tu voudras y revenir et le traîner partout avec toi pour ne pas oublier de faire ta Goldlist.
Une fois que tu as ton cahier, tu prends un moment au calme, seul si possible (j’ai fait la Goldlist method avec mon conjoint et c’est plus difficile pour moi de rester concentrée) et tu sépares une double page de ton cahier en 4 parties comme sur l’image ci-dessous :

Etape 2 : la headlist
En haut à droite, tu notes la date du jour et ensuite A qui correspond à la première partie. Tous les jours, tu vas remplir la première partie : la headlist. Tu vas créer une liste de 20 mots ou expressions, phrases ou morceau de phrases dans la langue que tu apprends et ensuite leur version en français (ou ta langue maternelle ou une langue que tu maîtrises parfaitement). Par exemple, ici, pour moi en néerlandais :

Tu numérotes les lignes de 1 à 20 puis le deuxième jour, de 21 à 40 et ainsi de suite, c’est hyper motivant de voir les listes s’allonger ! En moins d’une semaine, tu dépasses les 100 mots/expressions dans une langue et je trouve ça motivant.
Où trouver les mots/expressions que tu dois écrire ?
En parallèle de ta Goldlist, tu dois sûrement lire des livres, regarder des vidéos, avoir des conversations avec des natifs. Profite de tes autres ressources pour trouver des phrases ou des mots que tu voudrais retenir, surligne-les ou note-les quelque part pour les noter ensuite dans ta Goldlist.
Personnellement, je me sers de phrases que je trouve dans mon livre Assimil en néerlandais. Quand j’aurais fini de noter ce qui m’intéresse, je mettrais des phrases que j’entends dans mon podcast du jour (Een beetje Nederlands) ou dans le livre que je lis (Harry Potter en de Steen der Wijzen) ou encore dans les séries que je regarde. Les phrases que tu notes doivent être de ton niveau ou légèrement au-dessus.
Une fois que tu as écrit les 20 expressions et leur traduction, tu les répètes à voix haute une fois chacune et tu fermes ton cahier. Tu n’as plus besoin de revoir cette liste avant 15 jours.
Etape 3 : la 1ère distillation
Vient le moment de faire ta 1ère distillation. Après avoir écrit ta liste il y a 14 jours, tu retournes à la première page et tu vas remplir la partie B à partir de la partie A. Tu vas vérifier ce que tu as retenu de ta liste en cachant une des deux parties (la langue que tu apprends ou ta langue maternelle).
David James préconise de cacher la partie dans ta langue maternelle. Lydia Machová, qui est une adepte de la méthode, préconise, elle, de cacher la partie dans la langue que tu apprends. Tout dépend de l’objectif. Tu peux cacher la partie dans la langue maternelle si tu veux plutôt comprendre ce que disent les natifs.
Si ton but est plutôt de t’exprimer dans cette langue, alors cache la partie dans la langue que tu veux maîtriser et vois si tu arrives à la retrouver à partir de ta langue maternelle.
Personnellement, je préfère cacher la partie en néerlandais et tenter de la retrouver à partir du français. Rien ne t’empêche aussi d’alterner les deux (un jour l’un, un jour l’autre ou pour la headlist, tu caches le français et pour la 1ère distillation, la langue que tu apprends, etc.).
Lorsque tu testes ce que tu as retenu de ta liste, tu devrais avoir retrouvé 30% de la liste. Il te reste donc 70% de ta liste à remettre dans la partie B, soit 14 phrases/mots. Si tu en as retenu moins, tu peux ajuster tes prochaines listes pour mettre moins de mots ou expressions au départ. Et si tu en as retenu plus, tu peux rallonger tes listes.
L’important est de rester dans les 30% (si ce n’est pas le cas, il y a d’autres moyens d’ajuster ta liste pour te retrouver avec 14 mots/expressions que je t’expliquerais plus tard).
Etape 4 : la 2ème distillation
Tu continues tous les jours à faire tes headlists et tes 1ères distillations. 14 jours après ta 1ère distillation, tu reprends ta liste de 14 mots/expressions et tu te testes à nouveau. Si tout va bien, tu devrais encore en avoir retenu 30%. Tu te retrouves cette fois avec une liste de 10 mots/expressions, que tu vas noter dans la partie C.
Tous les jours, tu vas donc te retrouver à noter 20 mots/expressions (headlist), 14 mots/expressions (1ère distillation) et 10 mots/expressions (2ème distillation).
Etape 5 : la 3ème distillation
14 jours après ta 2ème distillation, tu vas à nouveau reprendre ta liste de 10 mots/expressions. Tu dois à nouveau en avoir retenu 30%. Il va donc rester 7 mots/expressions à noter dans la dernière partie (la numéro D).
Au bout de 3 distillations, tu auras rempli 3×7 mots/expressions (3 fois la partie D). Et c’est là qu’intervient un nouveau cahier, avec ces 21 mots/expressions !
Le tout premier cahier que tu remplis s’appelle le cahier de bronze. Tu commences ensuite un deuxième cahier : le cahier d’argent. Puis un troisième quand tu as à nouveau 21 mots/expressions à noter après une troisième distillation D de ton cahier d’argent.
Le dernier cahier s’appelle le cahier d’or (d’où le nom de la Goldlist Method ou méthode de la liste d’or).
Comment t’autoévaluer ?

Quand tu vas faire tes différentes distillations, tu vas devoir te tester et t’évaluer. Utilise un système de notation pour t’y retrouver. Tu devrais rencontrer plusieurs cas :
- Soit tu connais parfaitement la phrase, sa prononciation, ses mots, son intonation, etc. Tu peux alors considérer que tu la connais et rajouter une marque comme un ✓
- Soit tu ne connais pas du tout la phrase, tu n’as rien retenu. Tu peux donc la noter comme non sue en mettant par exemple une croix : ✗
- Soit tu connais presque la phrase mais ce n’est pas parfait (soit au niveau de la prononciation, soit tu as fait des erreurs ou il te manque quelques mots). Dans ce cas, tu peux noter une autre marque comme un trait ou un point à côté de la phrase : ・ ou –
- Tu auras peut-être aussi le cas où tu la connais presque parfaitement mais tu as fait une petite erreur. Tu peux noter le même signe que quand tu connais parfaitement la phrase et noter un point à côté : ✓・
- Idem si tu ne connais pas du tout la phrase mais que tu as quand même réussi à trouver un mot. Tu peux noter une croix avec un point à côté : ✗・
Lorsque tu devras noter tes phrases dans tes différentes distillations, et que tu te retrouves dans le cas où tu n’es pas dans les 30%, tu peux voir les mots et ou phrases que tu n’as pas parfaitement retenus. Tu peux soit en rajouter s’il t’en manque (en prenant celles marquées d’un point), soit en retirer si tu as trop de phrases que tu maîtrises en considérant celles que tu connais presque parfaitement comme acquises.
Tu peux également fusionner des phrases ou expressions. Attention aux langues qui ont des déclinaisons ou dont l’ordre des mots peut changer lorsque tu vas combiner les phrases. Fais bien attention à ce que les phrases soient correctement écrites, en les vérifiant avec un correcteur orthographique par exemple.
Plus tu vas avancer dans la méthode et plus tu auras de mots à revoir, à noter, etc. Si ça fait trop pour toi, tu peux couper ton apprentissage en plusieurs fois par jour ou sur plusieurs jours. L’important est de ne pas revoir les mots trop tôt (mais on n’est pas à un ou deux jours près). Tu peux aussi arrêter de faire de nouvelles listes dans ton cahier de bronze et te concentrer sur les distillations dans les différentes parties et dans les différents cahiers.
La Goldlist n’a pas de fin, puisque tu peux continuer à créer de nouvelles listes aussi longtemps que tu veux. Et tu peux aussi t’arrêter quand tu veux.
Conseils pour bien utiliser la Goldlist
1 – Choisis le bon moment pour faire ta Goldlist. Par exemple, le matin au calme quand tout le monde est encore au lit. Ou le soir, quand les enfants sont couchés ou que tu as finis ta journée et que tu peux prendre du temps pour toi. C’est à toi de choisir le meilleur moment pour toi. Personnellement, je le fais le soir car je sais que c’est le moment où j’ai le plus de temps sans risquer d’être dérangée.
Mais ce n’est pas le moment où mon cerveau est le plus disposé car il est fatigué de la journée et ne demande parfois qu’à aller se coucher… L’avantage de la Goldlist, c’est que rien n’est figé. Si je vois que le soir n’est plus le meilleur moment pour moi (ou que j’ai quelque chose de prévu à l’extérieur), je changerais !
2 – Reste cohérent dans ton format et dans tes sessions. Essaie de rester bien régulier et de suivre correctement la méthode. Fais-toi plaisir en écrivant les phrases que tu dois apprendre dans différentes couleurs mais essaie de rester cohérent dans les couleurs que tu utilises. Ce sera plus facile pour te repérer.
3 – Ne triche pas. C’est important de faire confiance au processus et surtout de ne pas regarder tes listes avant les 14 jours. Sinon, tu risques de fausser le processus. Le but est d’ancrer le vocabulaire dans ta mémoire à long terme. Si tu revois les mots avant, ils vont rentrer ta mémoire à court terme donc si tu te rappelles d’un mot ou d’une phrase au bout de 14 jours, ça ne voudra pas dire qu’il ou elle est bien rentré(e) dans ta mémoire à long terme…
4 – Intègre la méthode dans une stratégie plus large avec d’autres ressources en langue. Je suis en train de tester la méthode avec mon conjoint et je pense que pour bien utiliser la méthode, il faut l’employer en parallèle d’autres ressources pour apprendre la langue. La Goldlist doit aider à retenir du vocabulaire mais c’est un outil parmi d’autres (et ça doit le rester).
5 – Adapte le vocabulaire à tes besoins personnels (thèmes, fréquence, etc.). Choisis ce qui te fait plaisir ou te semble utile.
Pourquoi la Goldlist peut être efficace ?
La Goldlist respecte le fonctionnement naturel de ton cerveau. Tu apprends à ton rythme sans stress et sans pression. Cette méthode est aux antipodes du bachotage (tu sais quand tu « forçais » ton cerveau à apprendre toute une liste de vocabulaire la veille d’un examen). C’est ce que beaucoup de gens appellent abusivement « apprendre par coeur » et que les polyglottes jugent (à juste titre) inefficace dans l’apprentissage.
Tu vas quoi qu’il arrive, devoir apprendre par coeur du vocabulaire, c’est-à-dire l’intégrer dans ta mémoire à long terme, mais il faut le faire de manière intelligente, en utilisant le SRS par exemple, ou des techniques pour retenir du vocabulaire ou encore en utilisant la Goldlist.
La Goldlist est plutôt plaisante à utiliser à condition de ne pas chercher pendant des heures quels mots ou quelles expressions on va devoir mettre dans sa liste. Mais si tu notes au fur et à mesure des mots ou expressions à noter dans ta Goldlist et que tu as un moyen pour les retrouver facilement, c’est assez facile et plaisant à faire. Il te suffit de prendre ton cahier et de laisser faire le processus.
C’est un apprentissage assez passif. Dans son ebook sur cette méthode, Lydia Machová a testé sa rétention des phrases qu’elle avait apprise plusieurs mois après les avoir vues et le résultat est assez bluffant car elle connaissait encore 97% des expressions apprises en Russe (elle a hésité sur 13% et en a retrouvé parfaitement 84%).
C’est aussi une méthode que tu peux emporter partout avec toi et adapter. Tu peux adapter le nombre de mots ou expressions à retenir (tant que tu restes avec le ratio des 30%). Tu peux adapter le temps que tu passes sur la méthode en la répartissant sur la journée ou sur plusieurs jours, en arrêtant de faire des headlists, le temps d’absorber les différentes distillations, etc. Tu peux aussi varier tes ressources et vraiment adapter ce que tu apprends (contrairement aux listes toutes faites des applications de vocabulaires SRS).
Limites et critiques de la méthode
Cette méthode nécessite du temps et de la régularité pour être efficace. Certains lui reprochent d’être plutôt longue avant de voir les premiers effets (en effet, au bout de 15 jours, tu devrais « seulement » avoir retenu 6 mots/expressions. Ça peut paraitre long (mais pense au temps qu’il faut à un enfant pour apprendre sa propre langue maternelle ou le temps que tu as passé à l’école pour apprendre une langue avec un résultat… mitigé la plupart du temps !). Mais si tu es vraiment pressé dans ton apprentissage, la méthode risque de ne pas te convenir.
C’est une méthode qui est peut-être moins adaptée aux débutants. Je ne l’ai testée qu’avec une langue que je suis déjà en train d’apprendre et pour laquelle j’ai déjà passé le stade débutant. Je ne l’ai pas non plus (encore) testé avec une langue qui possède un autre système d’écriture.
Cette méthode est aussi uniquement écrite. Certes, tu prononces les phrases à voix haute lors de la relecture mais tu n’as pas d’audio prononcé par un natif. Les phrases s’enchainent aussi sans logique et sans contexte, ce qui les rend plus difficiles à retenir ou même à comprendre.
Il n’y a pas de correction. Cette méthode te demande de prononcer les phrases mais tu ne sais pas si ta prononciation est correcte. Tu peux donc retenir des phrases avec une mauvaise prononciation.
De même, quand tu écris les phrases, tu n’es pas à l’abri de les écrire avec une erreur (parce que la ressource que tu auras choisie n’est pas fiable ou que tu auras fait une erreur en recopiant la phrase). Le problème, c’est que tu vas reproduire cette erreur lors de tes différentes distillations et finir par la retenir !
Mon retour sur la méthode
En ce moment, nous sommes trois à tester la Goldlist Method à la maison : mon conjoint avec l’anglais, qu’il n’arrive jamais à retenir, et pour lequel il a un niveau débutant, ma fille de 7 ans en anglais aussi (qui avait envie d’essayer à nous voir faire), et moi avec le néerlandais (avec je dirais un niveau intermédiaire entre A2 et B1).
Nos buts sont différents et nous avons un peu adapté la méthode. Comme je l’ai dit plus haut, nos ressources (à mon conjoint et moi) sont les méthodes Assimil. C’est là que nous trouvons les mots.
Mon conjoint a des difficultés à retenir l’anglais et nous voulons voir si cette méthode est efficace pour lui, sachant qu’il n’apprend pas spécialement l’anglais en ce moment et donc ne fait rien d’autre que la Goldlist (update : maintenant, il reprend également des phrases et des mots qu’il revoit dans l’application Mosalingua qu’il avait essayée il y a longtemps. Et la Goldlist l’a motivé à se remettre à l’anglais, il travaille maintenant son vocabulaire sur Anki).
De mon côté, j’apprends le néerlandais et j’utilise tous les jours d’autres ressources (podcasts, livres, vidéos, communication avec des natifs, etc.). Je suis donc dans un mode un peu plus actif dans mon apprentissage en parallèle de la Goldlist.
Ma fille, elle, a surtout eu envie de commencer à apprendre en nous voyant faire. Elle veut que je lui apprenne l’anglais. Comme je ne veux ni la dégoûter avec l’apprentissage, ni avec l’anglais, on a commencé avec une liste de 10 mots/expressions. Ce sont des mots plus simples (mais utiles) en anglais. On essaie de limiter le temps passé car écrire trop longtemps pourrait la démotiver (et ce n’est pas l’effet recherché). Cerise sur le gâteau, elle travaille en parallèle son français à l’écrit (sans s’en rendre compte !). Et on ne lui met surtout pas de pression, elle arrête quand elle veut.
Bien sûr qu’étant passionnée par la langue, j’aimerais que ma fille parle couramment une ou plusieurs langues pour avoir les ressources et les outils pour en faire ce qu’elle souhaite (voyager, travailler avec une ou plusieurs autres langues, etc.). Mais je veux surtout que l’apprentissage reste un plaisir !
Je vous dirais si la méthode a été efficace pour nous après plusieurs mois d’essaie. Et si l’un de nous ou les trois avons arrêté !
La Goldlist Method est plutôt facile à mettre en place. Il faut juste un cahier et des stylos. Rien de bien compliqué mais un peu d’organisation pour ne pas te perdre dans tes différentes distillations. Garde toujours en tête de choisir des mots ou des phrases qui te font plaisir et qui te seront utiles et de t’appliquer à remplir ton cahier aussi joliment que possible pour avoir du plaisir à y revenir.
N’oublie pas. Il n’existe pas une seule méthode idéale, ou plutôt si : celle qui te correspond ! Alors pourquoi ne pas donner sa chance à la Goldlist Method ?
Tu as déjà testé cette méthode ? Est-ce qu’elle a été efficace pour toi ? Partage ton avis dans les commentaires.
Ressources complémentaires :
La méthode expliquée en vidéo par Léa English (en français) sur sa chaîne YouTube :
La méthode expliquée par Lydia Machová. Tu peux télécharger un ebook sur son site qui t’explique la méthode de A à Z. Très bien fait mais en anglais. A réserver donc si tu connais cette langue (ou deepL ;-)).


