Les 20 mythes sur l’apprentissage des langues selon Benny Lewis (partie 2)

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Fluent in 3 months

Dans son excellent livre « Fluent in 3 months », Benny Lewis décrit les 20 mythes les plus courants sur l’apprentissage des langues. Avant d’apprendre les langues par moi-même, j’avais déjà ancré en moi certaines de ces croyances et pourtant, elles sont toutes fausses ! Tout le monde peut apprendre une seconde langue (ou une troisième ou même plus), quels que soient son âge ou sa situation personnelle. Pour la partie 1 et les 10 premiers mythes sur l’apprentissage des langues, c’est par là.

Une maîtrise parfaite est impossible

Pour Benny Lewis, si les gens pensent que parler une langue étrangère signifie débattre de philosophie sans accent ou aucune hésitation, il peut effectivement leur sembler impossible de parler une langue ou alors ça peut prendre des années. Alors, pourquoi même commencer un tel projet ? Benny Lewis rappelle que même son anglais n’est pas parfait. Il hésite quand il est nerveux, oublie des mots et n’arrive pas à être à l’aise sur plein de sujets. Appliquer des standards plus élevés dans une langue étrangère que dans sa propre langue est exagéré. Même si la perfection est impossible, n’importe qui peut parler couramment une autre langue. L’important est de se fixer des objectifs à court terme.

Les langues sont ennuyeuses

Une grande erreur sur l’apprentissage des langues est qu’il faudrait passer son temps à étudier. Si ce qu’on fait est ennuyeux alors il faut arrêter de le faire. Ça ne veut pas dire, selon Benny Lewis, que l’apprentissage d’une langue est ennuyeux, mais que la façon dont on le faut l’est. Il y a différentes approches pour apprendre une langue (musique, film, magazines, conversation avec un partenaire linguistique, etc.). Il est important d’en trouver une qui te plait. Alors, arrête de t’ennuyer et change ton apprentissage !

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Les natifs ne me parleront pas

Les natifs sont souvent des gens extrêmement encourageants, prêts à aider, contents de t’entendre parler, patients et compréhensifs. Tu ne vas pas frustrer un natif si tu lui parles dans sa langue. C’est juste une crainte (infondée) de ta part. Si quelqu’un a déjà essayé de parler ta langue maternelle avec toi, comment as-tu réagi ? Est-ce que tu l’as écouté ? Ou est-ce que tu as essayé de l’aider ? Si tu le fais dans une autre langue, les natifs vont sûrement réagir de la même façon avec toi. Au pire, les gens vont répondre dans ta langue maternelle.

J’aurai toujours un accent

Avoir un accent n’est pas grave. Benny Lewis rappelle que l’important est de parler à d’autres êtres humains, et qu’un petit accent peut même être charmant. Ça ne nuit pas à la communication. On peut parler couramment même avec un accent. Et parler parfaitement est impossible puisque même les natifs font des erreurs. De plus, les personnes natives ont une variété d’accents différents (pour t’en convaincre, parcours la France du nord au sud ou d’est en ouest, sans parler des francophones hors France comme les Québécois, les Suisses ou les Belges par exemple qui ont aussi leur accent). On peut cependant selon Benny Lewis réduire son accent.

Mes amis et ma famille ne vont pas me soutenir

Benny Lewis rappelle que quand il a voulu apprendre l’espagnol, beaucoup de ses amis hispaniques lui parlaient en anglais (pour s’améliorer) et ses amis anglophones avec déjà un niveau courant en espagnol n’avaient pas la patience de l’aider. Beaucoup d’apprenants n’auront pas de soutien de la part de leurs amis ou de leur famille.
La première chose à faire selon Benny Lewis est de parler à tes amis et ta famille pour leur expliquer ton projet, combien il compte pour toi et leur demander leur soutien? Et s’ils ne veulent toujours pas, il existe de nombreuses communautés de personnes sur internet ou dans ta ville, qui partagent ta passion et seront prêtes à te soutenir.

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Tout le monde parle anglais

Bien sûr, si tu es un touriste, dans beaucoup d’hôtels, tu trouveras quelqu’un qui parle anglais (ou français), et les menus de certains restaurants seront traduits ainsi que les visites si tu fais les mêmes que des millions d’autres touristes étrangers. Idem avec les compagnies de transport. Cependant, ne pas parler la langue locale est extrêmement limitant. Tu ne peux pas discuter avec la plupart des locaux. Tu ne peux pas accéder à la vraie culture locale. Quand Benny Lewis a voyagé à travers la Chine, les employés des hôtels ne parlaient pas anglais et étaient surpris qu’un étranger commence à leur parler en Mandarin. Et si la traduction était faite avec un smartphone au lieu d’avoir à apprendre une langue ? Selon Benny Lewis, la technologie ne remplacera jamais le fait d’apprendre une langue. La communication, ce n’est pas uniquement traduire des mots, mais un mélange entre le language corporel, le contexte, comprendre les pauses dans les phrases, les intonations de la voix, etc. Ce que ne permet pas la technologie !

Je ne peux pas suivre les progrès des autres

La comparaison avec les autres est un problème, car ce qu’on pense que les autres font si facilement est seulement ce qu’ils ont décidé de nous montrer d’eux-mêmes. Tous les apprenants en langues étrangères font face à de nombreux challenges, défaites ou frustrations tout au long de leur apprentissage. Mais ceux qui réussissent continuent malgré les difficultés. C’est la différence selon Benny Lewis. Si une difficulté arrive, il ne faut pas se dire : « Je devrais peut-être abandonner, car les apprenants qui réussissent n’ont pas à faire ça. ». Mais plutôt « Qu’est-ce que ferait quelqu’un qui fait face à ce même challenge ? »

L’échec engendre l’échec

Si tu as déjà connu un échec à apprendre une langue, tu en as peut-être conclu que tu étais mauvais pour apprendre une langue. Mais la vérité est que tu as sûrement appris une langue d’une façon qui n’est pas la bonne pour toi. Il n’y a pas une seule et parfaite approche pour apprendre une langue. La méthode scolaire par exemple ne marche pas pour beaucoup d’apprenants. Mais elle peut fonctionner. Il n’y a pas de bons ou de mauvais apprenants, de bonnes ou de mauvaises méthodes, mais des méthodes qui fonctionnent pour certaines personnes et d’autres pour d’autres personnes. L’astuce est de tester ce qui fonctionne pour toi. Si quelque chose ne fonctionne pas, c’est OK. Continue jusqu’à trouver ce qui fonctionne pour toi.

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Une fois que j’ai oublié une langue, je ne peux pas la réapprendre

Benny Lewis raconte l’histoire d’Anna, née en Angleterre d’une mère tchèque et d’un père slovaque. Jusqu’à l’âge de 4 ans, elle parle tchèque avec sa mère puis arrête subitement à son entrée à l’école. Si sa mère lui parle tchèque, elle répond en anglais. Sa mère finit par ne plus lui parler en tchèque. C’est lorsqu’Anna rentre à l’université qu’elle décide de réactiver son tchèque. Après son diplôme, elle décide de partir pour Prague et applique la méthode de Benny Lewis (parler avec des gens malgré ses erreurs). Un jour, elle décide de reparler en tchèque avec sa mère, qui est ravie que sa fille ait réappris cette langue. Anna est la preuve qu’on peut réactiver une langue à n’importe quel âge.

Les handicaps rendent impossible l’apprentissage d’une langue

Cette fois, Benny Lewis raconte l’histoire de Julie, malentendante et partiellement aveugle. Malgré ses handicaps, Julie a réussi à apprendre 5 langues et connaît les bases dans plusieurs autres. Elle a su trouver les clés pour passer au-dessus de ses handicaps et en apprendre plusieurs. Elle a ainsi pu marchander des livres en français sur un marché en France, acheter du thé en Suède et utiliser son suédois pour hacker le danois et le norvégien, réserver une table en Italien, commander un café en Grèce…

Et toi, as-tu certaines de ces croyances ? Dis-moi lesquelles dans les commentaires.

À propos de l'auteur

Pauline

  • L’affirmation « Tout le monde parle anglais » me rappelle une phrase de Mark Twain dans son petit livre sur la langue allemande (que je cite ici de mémoire) : … « L’allemand est peut-être difficile à apprendre, mais il y a des gens (en Allemagne) qui sont tellement ignorants qu’ils ne peuvent même pas parler anglais. »

  • Le voyage est au centre de ma vie depuis que j’ai 13 ans alors j’adore baragouiner quelques mots de chinois ou de créole portugais. Montrer simplement que l’on fait un (petit) effort est une première preuve de respect et de contact. Au-delà, la langue est une porte d’entrée sur la culture du pays visité. D’ailleurs, savez-vous que « baragouiner » vient du breton ? En arrivant à Montparnasse, les pauvres bretons perdus cherchaient rapidement du « bara » (pain) et du « gwin » (vin) qui constituaient la base de leur alimentation ;). La perméabilité des langues aux influences étrangères me fascinent. Il existe aussi beaucoup de mots français en anglais…

  • Merci Pauline pour cet angle de vue. C’est super interessant de voir comme il est si facile de se laisser piéger par ces idées préconçues qui peuvent entraver notre progression ou même nous décourager de commencer !

  • J’adore ! J’ai la chance d’être née dans une famille qui adore l’apprentissage des langues. Je suis la seule qui a du mal avec l’apprentissage, ce qui ne m’empêche pas de m’améliorer chaque jour grâce à des applications (notamment celle qu’a créé mon frangin : Mosalingua). Mes blocages sont surtout liés au fait que j’oublie très vite, ça ne s’encre pas bien (souci de mémoire). Mais la pratique permet d’encrer les mots car elle sera liée à des émotions. Merci pour ce résumé de livre.

  • Je te remercie pour cet article !

    Je me suis mis récemment à l’apprentissage d’une troisième langue et je dois dire que j’adore apprendre. cela me conforte dans l’idée que si même je rencontre pas beaucoup de natif (japonais). Apprendre un langage n’est pas une perte de temps bien au contraire !!

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